La Presse – 20 février 2012 – La société civile navigant sur la Toile : Un vivier dynamique et entreprenant

Observateurs : L’Atide présente dans 27 circonscriptions

La Presse - 20 février 2012 

 

Avec plus de 9.800 associations actives sous nos cieux, la société civile a connu aussi depuis le 14 janvier 2011 sa propre révolution. Tel un phénix qui renaît de ses cendres, le tissu associatif en Tunisie avec sa riche thématique (politique, loisirs, culture, environnement, sport et humanitaire) n’en finit pas de nous épater comme en témoigne l’action des associations humanitaires pour venir en aide aux zones sinistrées par la vague de froid sibérien   qui a frappé de plein fouet le Nord et le Centre-Ouest du pays. Parallèlement, depuis la chute du régime bénaliste, de nouveaux antres de la conscience citoyenne, très actifs sur Internet (à travers des sites officiels pour quelques-uns) et surtout sur les réseaux sociaux : Facebook et Twitter, ont vu le jour dans le paysage sociopolitique de la nouvelle Tunisie. Gros plan sur un vivier très dynamique qui tire sa force de communication à travers le Web 2.0.

L’activisme humanitaire : colonne vertébrale du travail associatif tunisien

Qui dit humanitaire en Tunisie, dit Croissant-Rouge tunisien, qui reste la locomotive de l’action humanitaire dans notre pays. Tout le monde se souvient du rôle de cette organisation dans la gestion des camps de réfugiés sur les frontières tuniso-libyennes du côté de Dhehiba et à Ras Jedir (camp de Choucha et autres).
Le CRT s’est mobilisé en masse pour venir au secours des zones sinistrées par le froid  qui a touché les régions du Nord et Centre-Ouest tunisien à travers la mise en place de 14 centres de collecte de dons en nature (couvertures, matelas, pétrole, lait en poudre pour enfants et produits alimentaires, médicaments, habits d’hiver, chauffages à pétrole ou à gaz).
Et ce, à travers une étroite collaboration avec des associations locales. Par exemple : la Fondation Al-Mansy Foundation, ou des médecins. Le Croissant-Rouge tunisien possède un site web officiel avec une interface trilingue (arabe, français et anglais) : tunisianredcrescent.org. En outre, il possède aussi plusieurs pages facebook.
Parallèlement, plusieurs associations humanitaires travaillent soit en collaboration ou dans le giron de cette organisation non-gouvernementale. Faute de moyens, plusieurs d’entre eux ne possèdent que des pages fan sur le réseau de Mark Zuckerberg ou des groupes. Comme en témoigne la page «Union des Associations Humanitaires Tunisiennes». En effet, cette dernière regroupe toutes les associations humanitaires de la Tunisie (plus de 80 adresses entre clubs Rotary, ONG, associations et adresses régionales). Elle facilite l’accès aux différentes pages humanitaires tunisiennes en fournissant des liens utiles vers ces dernières. On cite par exemple :  Association Vision et Action de Charité (AVAC), Association Tounessiat, Jam3ity, « Rendre sourire » aux enfants malades de Tunisie, Union des jeunes volontaires sans frontières, Tunisiens sans frontières, Kolna Twensa, Un toit pour tous, Petit cœur, Tunisian Karama, Association tunisienne des enfants atteints de leucémie (A T E L), Association tunisienne des orphelins (ATO), Tunaide , SOS village d’enfants Tunisie.

Actions citoyennes et réseaux à vocation politicienne

Plusieurs acteurs de la société civile ont contribué durant les 13 derniers mois à l’édification d’une nouvelle Tunisie à travers des actions de sensibilisation et de réseautage dont la finalité n’est autre que de faire réussir la transition démocratique tunisienne. Par exemple, tout le monde se souvient du rôle des observateurs et des superviseurs (formés par des ONG tunisiennes) lors des dernières élections du 23 octobre dernier, on cite par exemple : l’Association tunisienne pour l’intégrité et la démocratie des élections (Atide) et la Ligue des électrices tunisiennes (LET) qui ne possède qu’un seul groupe sur facebook :avec 595 membres.
Il y a aussi le collectif « Mourakiboun », un réseau citoyen tunisien qui a formé 4000 observateurs pour les élections de l’Assemblée nationale constituante du 23 octobre 2011. Le réseau Mourakiboun est formé des associations suivantes: ATED (Association tunisienne pour l’éveil démocratique – Tunis), ACC (Association Culture et Citoyenneté – Regueb, Sidi Bouzid), ACD (Association Culture et Développement – Kasserine), Le PaCTE Tunisien, l’ATDD (Association tunisienne du droit au développement – Tunis) et Tunicomp (Réseaux des compétences tunisiennes en Allemagne). Il est présent sur le Net à travers le site : mourakiboun.org et la page facebook: facebook.com/mourakiboun (6058 fans). En plus il y a les collectifs : «nchoof.org» ou  «swaty.org».
D’autres réseaux associatifs se sont distingués par leurs actions citoyennes à l’image du réseau « Lam Echaml » via le site « lamechaml.org » ou  « twitter.com/LamEchaml »: il s’agit d’un regroupement d’une soixantaine d’associations de la société civile, d’initiatives et d’autant de citoyens indépendants. « touensa.org » est une association issue du Pacte citoyen lancé sur facebook le 12 janvier 2011, Touensa est au service de l’éveil et de la vigilance. Elle œuvre pour l’éveil et la vigilance aussi bien au niveau citoyen que politique.
Enfin, tout le monde connaît le réseau «dostourna.org»  dont ses leaders : Jawhar Ben Mbarek et Zeineb Ben Farhat. Ce réseau s’est présenté aux dernières élections à travers des listes indépendantes porteuses d’un projet constitutionnel. Il y a aussi l’association «Conscience politique» (voir : facebook.com/ACPTunis). Cette association a été fondée par le journaliste et blogueur tunisien Soufiane Chourabi pour fournir une éducation politique aux jeunes Tunisiens.

Tunisiens à l’étranger

Pour ce qui des associations actives à l’étranger, on cite: la  Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (Ftcr, voir : citoyensdesdeuxrives.eu/better/) et l’Association des Tunisiens en France (ATF, voir : atf-paris.fr). En effet, la Ftcr à travers son président Tarek Ben Hiba, ancien membre de la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, était très active durant les premiers mois de l’après-14 janvier 2011 comme l’atteste le cahier des doléances, conçu pour une soixantaine d’associations tunisiennes à l’étranger, et dont la finalité était l’obtention d’une citoyenneté à part entière pour les binationaux.
Finalement, la liste des associations et des ONG tunisiens que nous venons de citer est loin d’être exhaustive. Si la politique et la conscience citoyenne ainsi que l’humanitaire restent de loin la pierre angulaire du travail associatif sous nos cieux, d’autres associations environnementales et culturelles sont aussi très actives à l’image de l’association Été+ (Eco-tourisme et environnement, et son club «Eco-Randonneurs du Cap Bon», qui compte 1340 membres sur facebook. Cependant, la mobilisation des associations civiles du côté d’Aïn Draham ces derniers jours, comparée à l’immobilisme des partis politiques devant la situation chaotique qu’a connue notre pays tout récemment lors des intempéries, nous laisse croire que la société civile a pris une longueur d’avance sur le «boulitique» des politiques. Chapeau aux braves bénévoles qui ont bravé le froid et les difficultés pour venir en aide à leurs frères démunis. Et vive la Tunisie solidaire !

 

http://www.lapresse.tn/20022012/45538/la-societe-civile-navigant-sur-la-toile-un-vivier-dynamique-et-entreprenant.html